Pratique Activité rituelle

Comprendre et gérer les frustrations des élèves de maternelle en 5 étapes

Paula Buswell
24 janvier
7 mn

Je termine de rédiger cet article alors que je viens de passer 30 minutes assise par terre avec un élève de 4 ans qui se débattait dans tous les sens, dans une crise de frustration explosive... Après une longue et violente décharge, il s’est endormi dans mes bras. Si ces moments restent impressionnants, je me sens aujourd’hui beaucoup plus sereine et équipée pour gérer ces crises. 

C’est grâce à l’expérience, mais aussi à des formations et lectures, qui m’ont aidée à ajuster ma façon de voir et comprendre la frustration, chez mes élèves, mes enfants, et moi-même ! Dans cet article, je partage avec vous ce que j’ai appris sur la frustration, et comment j’ai appliqué cela dans mes classes de maternelle.

Étape 1 - Comprendre le cerveau de mes élèves d'école maternelle

Nous allons commencer par un peu de théorie ; comprendre ce qui se passe dans le cerveau de nos élèves quand ils ou elles ressentent une frustration nous aidera à avoir une approche qui est à la fois respectueuse et efficace. 

En maternelle, la frustration est fréquente : ranger un jeu alors qu’on s’amuse, s’asseoir alors qu’on a envie de courir, écouter alors qu’on brûle d’envie de parler. Les enfants font sans cesse face à des petites et grandes frustrations, et pour certains l’émotion est parfois très forte. C’est normal, car suivre le rythme et les règles de la collectivité sont des apprentissages qui s’inscrivent dans un temps long.

Traverser une émotion désagréable comme la frustration sans avoir des comportements hors cadre ou agressifs est également un apprentissage, et à trois ou quatre ans la plupart des enfants sont peu équipés pour le faire. Parlons de ce que nous pouvons faire au quotidien dans nos classes pour accompagner cet apprentissage et pour gérer les frustrations de nos élèves tout en tenant compte des contraintes du groupe classe.

Il y a plusieurs façons de schématiser le cerveau humain. Je vais vous utiliser ici celle proposée par Daniel Siegel dans son livre Le cerveau de votre enfant. Il nous invite à imaginer le cerveau comme une maison, avec deux étages :

  • Sur l’étage du haut (le cortex cérébral), nous trouvons les processus complexes comme penser, imaginer, planifier, analyser, apprendre. C’est aussi dans l’étage du haut que se passent les processus liés au contrôle de nos réponses émotionnelles. Notre cortex cérébral nous donne la possibilité dans certaines circonstances de contrôler nos impulsions, nous aide à prendre du recul et à analyser une situation pour savoir ce qu’il convient de faire.
     
  • Dans l’étage du bas (tronc cérébral et système limbique), nous trouvons les aires responsables des fonctions primaires (respiration, battements du cœur), des réactions innées et impulsives (attaque, fuite, inhibition), et des émotions fortes comme la peur ou la colère.

 

l'essentiel à retenir

Étape 2 - Comprendre les mécanismes de l'émotion

Une fois qu’on a posé cela, qu’est-ce qu’on fait ? Pour trouver des interventions efficaces, nous allons faire encore un petit détour théorique pour découvrir les étapes d’une émotion. 

Les émotions sont des réactions saines, automatiques et de courte durée. La frustration est une émotion ressentie quand il y a un décalage entre nos envies, besoins ou attentes et la réalité. Il s’agit d’une émotion désagréable, qui s’exprime souvent associée à la colère. Une émotion se déroule en trois étapes :

  • Un événement survient qui va à l’encontre de ce qu’attendait l’enfant. Exemple : Naël va vers le coin regroupement, s’imaginant assis à côté de Victor, mais la place est prise. Le cerveau d’en bas de Naël s’active et son corps a des réactions immédiates qu’il ne contrôle pas, ses muscles se crispent et sa respiration s’accélère. C’est ce qu’on appelle la charge.
     
  • Le corps réagit pour faire baisser la tension provoquée par l’émotion. Avant de s’en rendre compte, Naël a poussé l’enfant installé à côté de son camarade et commence à crier et à se débattre quand la maîtresse intervient. Taper, crier, pleurer, pousser sont des actions qui font baisser la tension de l’émotion. Voici la décharge, comportement qui va permettre à la tension de descendre chez Naël. 
     
  • Enfin, l’apaisement. Après avoir pleuré un bon coup, Naël est plus calme. Ses muscles ne sont plus tendus, il reprend son souffle et accepte (avec l’accompagnement de l’adulte) de s’installer ailleurs.
Action !

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