7 conseils pour apprendre à avoir de l'autorité

Stéphanie Breniaux
24 janvier
5 mn

Dans ma classe, le jeudi est un jour étrange, où capter l’attention des élèves et les engager semble relever de l’exploit, où le retour de récréation est synonyme de débats houleux pour savoir s'ils ont respecté l’arbitre pendant le foot, pourquoi la petite M. a été désagréable avec le petit T. 

Cet effet jeudi interroge régulièrement ma relation à l’autorité : quels en sont les ressorts, comment engager les élèves, les amener à évoluer dans un climat serein ?

Certains pensent que le « bon enseignant » ou la « bonne enseignante » aurait une autorité naturelle, un don offert par des fées. Bonne nouvelle ! L’autorité est une compétence professionnelle à acquérir et à construire. Elle demande adaptabilité et créativité, elle s’apprend.

Je vous propose, pour construire cette autorité, une réflexion autour de sept grands axes : assumer son statut, connaître les postures enseignantes et les postures des élèves de Dominique Bucheton, créer du lien, faire preuve d’adaptabilité, poser un cadre, motiver et gérer les conflits.

Qu'est-ce que l'autorité ?

Dans un premier temps, il me paraît nécessaire de définir le terme d'autorité, notamment pour éviter de la confondre avec le pouvoir, la discipline ou l’autoritarisme. Ce sera avec la définition d’autorité éducative, développée par Bruno Robbes, que je vous accompagnerai tout au long de l’article. 

La discipline scolaire correspond au cadre mis en place pour le bon déroulement de l’activité d’enseignement. Elle correspond également aux solutions mises en place par l’enseignant·e pour le respect des règles. Elle participe à l’autorité, mais possède un côté normatif, alors que l’autorité est plus subjective. Elle laisse à l’enseignant une liberté d’action et d’adaptation. 

Le pouvoir peut exiger l’obéissance en recourant à la contrainte. L’autorité, elle, ne se décrète pas, elle ne peut être du ressort de la contrainte. 

l'essentiel

Conseil 1 : Être crédible et assumer son statut

Jeune enseignante, j’ai parfois été victime du syndrome de l'imposteur : pas sûre de mériter ma place, pas certaine d’être à la hauteur, d’être suffisamment compétente, éternelle insatisfaite de mon travail… Et puis j’ai grandi, j’ai appris à accepter de ne pas être une enseignante parfaite, j’ai appris que mes échecs ne remettent pas en cause mes compétences si je les analyse, j’ai appris à observer mes réussites, à assumer mon statut d’enseignante. 

La bonne prof de l’imaginaire collectif (autoritaire mais bienveillante, innovante, toujours prête, vouée corps et âme à son métier, qui prend des photos pour ses séances de géographie pendant ses vacances) va tout droit vers le burn out. C’est une super-héroïne inatteignable. Quel rapport avec l’apprentissage de l’autorité, me direz-vous ?

Il est important d’avoir conscience que, si notre statut d’enseignant·e et de fonctionnaire nous impose un certain nombre de devoirs et d’obligations, c’est également ce cadre qui nous confère en retour une légitimité pour assurer la sécurité affective, cognitive, sociale de nos élèves.

Assumer son statut, c’est :

  • S’accepter en tant qu’enseignant ou qu'enseignante, avec un statut spécifique, des connaissances et des compétences spécifiques.
  • Maîtriser des compétences de communication (avoir conscience de son positionnement physique, moduler sa voix, agir avec son corps).
  • Être convaincu·e de l'éducabilité de chacun de ses élèves.
  • Connaître son plan du bout des doigts (crédible dans la matière).
  • Faire preuve de capacité d’anticipation.
  • Être prêt·e : matériel, déroulé, organisation, etc. La nature a horreur du vide, les élèves du flottement.
  • Savoir dire « Je ne sais pas, je vais vérifier. »
  • Avouer ses torts (pas cent fois dans une journée non plus).
  • Être juste (ne pas accuser sans savoir).
  • Être capable de faire respecter les règlements qu’on donne (ce qui est énoncé doit être tenu, attention donc à ne pas partir avec un règlement non gérable).
     

Si notre statut n’est pas suffisant pour faire autorité, l’assumer et avoir conscience de ce qui en découle est une partie intégrante de sa construction. Nous n’agissons pas en tant qu’individu, mais en tant que membre d’une communauté qui nous donne mandat pour exercer notre métier, avec des obligations et des droits.

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