Lorsque je regarde en arrière sur mon démarrage dans l’enseignement, j’ai le souvenir de la remarque d’un formateur me trouvant rigide avec les élèves. Je me rassurais derrière des postures très contrôlantes, laissant peu de place aux élèves. Cette posture était rassurante à première vue, elle me donnait le sentiment de pouvoir contrôler et de ne pas perdre pied. Malheureusement, ce confort est un leurre. Souvent, les élèves perdent petit à petit leur engagement, leur attention et finissent souvent par se dissiper.
Avec le temps, la découverte des postures d’étayage de Dominique Bucheton, formatrice et professeure à l'Université de Montpellier (France), a éclairé mes réflexions sur l’autorité et mis des mots sur des impressions.
En fonction des élèves, du moment, des attentes, l’enseignant·e doit être un véritable caméléon, posséder le sac à dos de Dora l’exploratrice et pouvoir mobiliser différentes postures au bon moment. Il s’agit, selon Dominique Bucheton, d’un ensemble de gestes professionnels, d’un « mode d’agir temporaire pour conduire la classe et s’ajuster dans l’action à la dynamique évolutive de l’activité et des postures des élèves ».
Ces postures vont avoir des effets variés sur l’engagement des élèves, et par ricochet sur leurs attitudes et sur l’autorité de l’enseignant. Si toutes les postures ne se valent pas, chacune a sa place dans notre enseignement en fonction des objectifs et de la temporalité. Connaître ces postures permet d’être comme un peintre et de pouvoir choisir dans sa palette la couleur adaptée au moment, à la situation, aux élèves.
Dominique Bucheton propose 7 postures d’étayage dans son ouvrage Les gestes professionnels dans la classe aux éditions ESF Sciences Humaines (2019) :
Un ou une enseignante débutante ou en difficulté n’utilise généralement que deux de ces postures : contrôle et enseignement. Un ou une enseignante experte en utiliserait de cinq à sept.
Face à ces postures d’étayage, les élèves ont 5 postures d’apprentissage :
Un ou une élève qui entre en classe sait, la plupart du temps, ce qui est attendu en termes d’attitude et de comportement. Il connaît la notion d’asymétrie vis-à-vis de l’enseignant·e. Cependant, rapidement, malgré sa connaissance des contraintes de l’école, sa posture va dépendre de la posture de l’enseignant et de la place qu’on lui laisse dans sa construction du savoir.
Stéphanie Breniaux, professeure des écoles depuis 2002, PEMF, ambassadrice Savanturiers/école de la recherche
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